22 juin 2017 ~ Commentaires fermés

bidar laicité

Vincent Peillon :  » La laïcité doit être conçue comme la condition de respect des choix personnels dans une société ouverte.  »

L’enseignant se doit d’avoir un discours explicite, raisonné, commun. Il doit connaître les règles, leur histoire et leur justification.

Pour l’élève, comprendre que laisser sa religion à la porte de l’École garantit une égalité de traitement de tous, ne va pas de soi

Il faut entrer en pédagogie pour que l’élève comprenne que la laïcité est contraire à l’intolérance ou l’exclusion, mais qu’elle est la garantie du respect mutuel.

La communauté éducative doit expliquer le bien-fondé des valeurs de laïcité, qui permet de développer et de conforter le libre-arbitre de chacun, garantit l’égalité entre les élèves, promeut une fraternité ouverte à tous.

On ne peut imposer la laïcité sans explicitation La loi du 15 Mars 2004 priorise le dialogue pour convaincre l’élève de l’importance du respect du principe de laïcité.

Il faut bien différencier l’usage cultuel de l’usage culturel, tout comme l’usage profane de l’usage religieux.

La loi du 23 Mai 1997 rappelle que l’une des missions de l’enseignant est de mobiliser et expliciter l’idéal laïc qui exclut toute discrimination de sexe, de culture, religieuse.

L’impartialité laïque est une obligation dans l’être et dans le dire.

L’arrêté du 12 mai 2010 : L’enseignant respecte et fait respecter la personne de chaque élève, il respecte et fait respecter la liberté d’opinion, il est attentif à développer une attitude d’objectivité, il connaît et fait respecter les principes de la cité, notamment la neutralité.

La constitution du 4/10/1958 : Le France est une république indivisible, laïque, démocratique et sociale. Elle respecte toutes les croyances et toute la communauté scolaire a cette responsabilité.

16/08/2011 : La laïcité n’est pas une idéologie concurrente mais la garantie de l’expression libre et tolérante de l’autre. C’est l’égalité de traitement qui rend possible de se côtoyer et de se rencontrer sereinement dans l’espace de règles communes.

L’enseignement de la laïcité est un devoir réglementaire : transmettre la connaissance de l’idéal laïque

Le préalable est que chacun vérifie que le principe de laïcité est clair pour lui-même et le rappel de la règle doit toujours s’accompagner d’un dialogue

Comment ne pas sous-estimer ni sur-interpréter quand une règle est bafouée ?

La laïcité est conçue comme la condition du respect des choix dans une société ouverte. Elle transmet des règles pour qu’une société multiculturelle puisse cohabiter. Elle nécessite une appropriation collective. L’Ecole de la République doit être la gardienne du sens de la laïcité.

C’est une notion très galvaudée, donc elle doit entrer en pédagogie et son sens doit être expliqué aux élèves et à leurs familles

Laïcité et vie scolaire

  1. L’enceinte scolaire

Comment mobiliser l’enjeu de la laïcité dans telle ou telle situation de vie scolaire, L’école doit dispenser les règles du vivre-ensemble, inciter à la tolérance et au respect d’autrui.

Cela doit clairement apparaître à l’École comme étant un principe à l’œuvre. L’École est un lieu régi par un certain nombre de règles, mais non clos et refermé sur lui-même.

Ce doit être un espace protégé et matriciel où la personnalité de l’élève en gestation peut se soustraire aux influences extérieures qui voudraient la conditionner, c’est à dire aux doctrines ayant libre cours dans le reste de la société .

L’élève doit être mis à l’abri dans un espace public idéologiquement neutralisé.

L’engagement des professeurs et personnels est indispensable.

La laïcité est le matériau dont est faite l’enceinte scolaire. Elle doit favoriser l’apprentissage de la liberté et le respect d’autrui.

La loi du 15 Mars 2004 promeut l’élève contre les conditionnements de pensée et pour un développement de sa personnalité libre et responsable.

L’identité du jeune étant en construction, il nous faut assurer sa formation intellectuelle en toute impartialité et liberté vis à vis des doctrines religieuses ou sociales pour se construire une identité personnelle et citoyenne et aller vers une individuation complète.

Il faut développer le sens du «  je  » et le sens du «  nous  ». L’élève doit se choisir lui-même de façon libre et responsable pour pouvoir CHOISIR ses appartenances.

L’école doit permettre de passer d’une appartenance RECUE à une appartenance CHOISIE ;

C’est une enceinte d’impartialité qui offre à l’esprit en formation l’espace de son autonomisation.

Par l’école, l’individu apprend à modérer l’expression de son appartenance religieuse afin que personne n’en subisse l’affirmation ou le spectacle comme une violence morale

Cette loi, paradoxalement en interdisant libère d’autrui et d’une autodétermination trop précoce

  • Elle permet un dépouillement symbolique de l’individu.
  • Elle devrait être reprise en classe.
  • Elle permet de ne pas impressionner l’identité en formation de l’élève
  • Elle permet également de ne pas introduire de tensions communautaires.

L’enceinte de l’école laïque est ce sanctuaire paradoxal ou rien n’est adoré. un lieu où l’élève a le temps de former ses propres jugements, de comprendre la nécessité de la régulation des différences par leur coexistence harmonieuse.

2 . Violence symbolique et sacré

Le périmètre d’impartialité idéologique de l’école doit garantir de l’exposition à toute violence, de l’exposition à toute violence. La violence symbolique passe par une identité politico-religieuse radicale, quand le port du vêtement est contraint par la loi divine par exemple. Un uniforme religieux indique toujours un choix de vie radical, voire une vocation militante ou un renoncement total à la vie profane.

Le choix de vie doit être un possible parmi d’autres si l’éducation est neutre. La limite à fixer dans le choix des tee-shirts à message n’est pas toujours évidente. L’École doit protéger de l’exposition permanente à une multiplicité de publicités idéologiques. La laïcité est d’autant plus indispensable que les élèves sont sur-sollicités.

L’École doit offrir à l’enfant un espace neutre de RESPIRATION, un espace de SILENCE et de l’écoute DE SOI, sans la cacophonie idéologique de la société.

3 . Les espaces de circulation et de détente

 les élèves n’y sont astreints à aucune tâche intellectuelle ou discipline corporelle ce qui rend les lieux sensibles. Aussi, la vie scolaire se doit-elle d’être très vigilante afin que ne s’instaure pas la loi du plus fort.

Rappel de la circulaire de 1997 qui doit permettre à chacun liberté d’initiative et de mouvement.

 Les regroupements d’élèves ayant la même appartenance communauté ethnique ou religieuse sous forme de clan ou de bande n’est pas rare.

Les filles peuvent en être victimes en subissant par exemple des remarques sur des tenues vestimentaires qui seraient jugées trop courtes…D’autres peuvent être harcelés sur le Ramadan non fait, se voir reprocher une consommation de viande non conforme.

Se crée alors de façon latente une police des mœurs improvisée…

Le travail des équipes éducatives est indispensable pour que l’École apparaisse bien comme le creuset de la différence. Si ailleurs, différentes appartenances s’expriment et créent de la distance, l’École est faite pour que tous se mélangent et se rencontrent.

L’élève doit prendre conscience que l’on s’enrichit de la différence de l’autre.

C’est le bénéfice de invisibilité : l’autre ne sait pas qui je suis et inversement. Chacun devient accessible à l’autre. Éduquer à mon égale ne humanité, en dignité et en droits. L’École doit être le lieu d’une EXPERIMENTATION d’une entente et d’une coopération possible , car c’est un creuset d’une société multiculturelle ouverte. Il faut laisser les différences d’appartenance à l’extérieur de l’enceinte scolaire .

On peut inclure la laïcité dans la fonction de délégué.

4 . Le CDI

 Le professeur-documentaliste doit être très vigilant quant à la provenance des ouvrages et des ressources multimédias. Les tentatives d’entrisme idéologique ne sont pas rares (ex de 2007, le créationnisme turc) . Le rôle du documentaliste dans l’utilisation d’internet est essentiel. On peut défendre l’intégrité morale et psychologique des élèves en créant des listes blanches par exemple. Il faut surtout expliciter le POURQUOI aux élèves et les inviter à prendre place dans cette garantie de laïcité. Comment les élèves peuvent-ils devenir les garants de la laïcité plutôt que d’être des témoins passifs 

La charte internet doit toujours faire l’objet d’un dialogue avec les élèves.

5. Les intervenants extérieurs

Doivent disposer des modalités d’agrément. Le chef d’établissement doit leur rappeler qu’en tant que collaborateurs occasionnels, ils ont un devoir de neutralité .Toute proposition d’intervention doit être scrupuleusement vérifiée.

L’École doit être un espace préservé au service de l’émancipation des élèves ;

6. La restauration scolaire

Ne peut faire l’objet d’aucune prescription alimentaire (kascher, halal, poisson le vendredi)

L’élève doit toujours avoir la possibilité de respecter ses convictions religieuses ou de s’en EMANCIPER s’il en a le désir.( nécessité de 2 plats de résistance)

Il s’agit de laisser le choix du repas, sans rien imposer, ni rein interdire. 16 Août 2011 «   Prévoir des menus par rapport à une pratique confessionnelle n’est ni un droit pour les usagers, ni une obligation pour les collectivités  ».

L’école doit jouer le jeu de la possibilité de la liberté alimentaire, c’est à dire qu’on peut faire le choix de laisser le choix aux élèves. Pourquoi la distinction entre offrir une alternative au porc et ne pas proposer de halal ou kasher : L’école permet de ne pas manger une viande interdite mais n’incite pas à manger une viande prescrite, L’élève peut rester fidèle à sa conviction sans participer à la prescription d’une nourriture sacralisée.

C’est faire la différence entre permettre et encourager. C’est la différence entre un respect passif et un respect actif.

7 . Les sorties scolaires

C’est à dire les sorties régulières ou occasionnelles avec ou sans nuitée.

Ces projets peuvent s’enrichir d’une présentation du principe de laïcité en prévision de la visite d’une mosquée, synagogue ou lieu de cultures différentes.

Nous sommes alors dans la continuité éducative de l’enceinte scolaire. C’est une extension de la laïcité hors les murs. L’extraterritorialité des sorties scolaires prolonge l’autorité morale de l’Ecole.

Les textes de loi incluent l’interdiction du port de signes religieux en dehors de l’enceinte scolaire, quand il s’agit d’activités scolaires .

8 . Le bénéfice pédagogique et éthique

Devant tout refus, il doit y avoir explicitation de ce principe pédagogique : refus d’entrer dans une église, refus d’aller à la piscine, refus d’enlever un voile sur le trajet. La continuité et la plus-value pédagogique permettent une imprégnation culturelle.

L’intégration est facilitée par la loi et permet une expérimentation vivante dans l’opportunité que lui donne l’école de l’acquisition d’une culture générale et de mieux comprendre les enjeux d’égalité sociale.

Cela permet une compensation du capital culturel pour les plus défavorisés.

La sortie scolaire veut seulement donner à chacun une culture générale suffisante tout en respectant parfaitement sa liberté de croire ou ne pas croire, comme l’ensemble de ses convictions personnelles.

Voir par ex le film «  Des hommes et des Dieux  » doit lui permettre de respecter sa liberté en croyant ou non par le cadre laïque de l’École.

Il faut dissiper le soupçon, comme quoi la sortie ou le voyage chercherait à perturber les croyances de l’élève.

9 ; La laïcité à l’école comme éducation au bien-vivre ensemble

L’exemple de la jeune fille qui refuse d’enlever son voile sur le trajet d’une sortie.

  • Priver l’élève du bénéfice culturel de cette sortie ?

  • Faire preuve d’une tolérance spéciale?

Imposer la loi sans dialogue n’a pas de sens, d’autant qu’il y a souvent une forte pression des pairs. Il faut développer les arguments ou bien vivre ensemble pour que l’École ne soit pas perçue comme un lieu hostile à l’expression des différences.

Il faut faire comprendre les limites de la conciliation dans l’expression des sociétés multiculturelles du monde contemporain ; Le savoir-vivre ensemble implique la capacité et la responsabilité de savoir tenir compte d’autrui.

10 . Les accompagnateurs de sortie scolaire

Ce sont des collaborateurs exceptionnels du service public et à ce titre, ils ont un devoir de neutralité pour ne pas porter atteinte à l’intérêt supérieur de l’enfant.

L’école reste un lieu idéologiquement neutralisé Il faut penser à prévenir les accompagnateurs pour éviter de se trouver devant le fait accompli, d’autant que si la communauté en question est très représentée, cela risque d’être ressenti comme une discrimination.

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